Le Mondial 2026 laisse des séquelles bien au-delà du terrain. Moins de quarante-huit heures après la défaite de la France face à l’Espagne en demi-finale, Arsenal reçoit une nouvelle qui assombrit considérablement ses perspectives pour la saison à venir. William Saliba, contraint de quitter le terrain à la 30e minute de jeu à Dallas en raison de vives douleurs au dos, envisage sérieusement une intervention chirurgicale. Selon les informations du quotidien L’Équipe, les Gunners anticipent une absence de quatre à cinq mois — soit potentiellement jusqu’en décembre prochain.
Un sacrifice qui a duré tout le Mondial
Ce que le grand public découvre aujourd’hui, les staffs médicaux d’Arsenal et de l’équipe de France le savaient depuis des semaines. Saliba évoluait depuis six semaines dans des conditions physiques très dégradées, s’appuyant sur des antidouleurs et un protocole d’entraînement drastiquement allégé pour tenir sur la durée. Le défenseur ne participait notamment jamais aux séances de récupération du lendemain de match, afin de préserver au maximum son dos meurtri.
Lui-même avait laissé filtrer sa situation avant le début de la compétition, avec une honnêteté qui prenait rétrospectivement une tout autre dimension : « J’ai eu quelques petits soucis ces derniers mois. Je dois serrer les dents et continuer à jouer à cause de la Ligue des Champions et de la Premier League. » Avant d’ajouter, avec la retenue du compétiteur qui refuse de se chercher des excuses : « Je ne suis pas à 100 % de ma forme, mais beaucoup d’autres joueurs ne le sont pas non plus. On ne peut pas s’en servir comme excuse. »
À Dallas, son corps a rendu les armes. Quelques instants avant de demander sa sortie, le défenseur aurait soufflé à Dayot Upamecano, son partenaire en charnière centrale : « Je n’en peux plus, mon dos est mort. » Maxence Lacroix est entré en jeu à sa place. La France a encaissé un deuxième but peu après. La coïncidence des faits dit tout sur le niveau auquel Saliba tirait son équipe, même diminué.
Arsenal dans la tourmente avant même le début de saison
Pour Mikel Arteta, la nouvelle tombe au pire des moments. Artisan majeur du premier titre de champion d’Angleterre des Gunners depuis vingt-deux ans lors de la saison 2025-2026, Saliba était la clé de voûte d’une défense qui avait permis à Arsenal de surpasser ses rivaux sur la durée. Sa solidité, sa lecture du jeu et sa capacité à rayonner au-delà du simple rôle de défenseur avaient fait de lui l’un des tout meilleurs défenseurs de Premier League.
Le club londonien devra débuter la défense de son titre, le 21 août face au promu Coventry, sans son roc défensif. Une absence de quatre à cinq mois signifie une indisponibilité couvrant potentiellement le mois d’août, tout septembre, octobre, novembre et une partie de décembre — soit les premières phases cruciales de la Premier League et de la Ligue des Champions.
Des examens complémentaires restent programmés, et la décision finale sur l’intervention chirurgicale n’a pas encore été officiellement arrêtée. Mais selon les informations concordantes de L’Équipe et de plusieurs médias britanniques, l’hypothèse de l’opération tient clairement la corde. Continuer à gérer la douleur par des analgésiques, comme il l’a fait tout au long de ce Mondial, n’est plus une option viable sur la durée.
La question du remplaçant
Arsenal devra trouver en interne une solution pour colmater cette brèche considérable. Le jeune défenseur espagnol Cristhian Mosquera, prêté par Valence la saison passée et dont Arsenal a levé l’option d’achat en juin, devrait être propulsé titulaire bien plus tôt que prévu. Le club surveille également le marché des transferts, où des profils de défenseurs centraux expérimentés sont régulièrement associés aux Gunners depuis l’officialisation de la blessure de leur capitaine défensif.
William Saliba, lui, n’a pour l’heure fait aucune déclaration publique sur la gravité de sa situation. Il disputera peut-être le match pour la troisième place contre l’Angleterre samedi, mais sa présence sur la pelouse relèverait du symbole plutôt que de la performance. L’heure est désormais à la réflexion médicale, et à la décision la plus difficile qu’un joueur de 25 ans puisse prendre : renoncer à des mois de compétition pour préserver l’ensemble de sa carrière.




















