À 72 heures de la finale du Mondial 2026, l’Espagne vit sous la tension d’une incertitude médicale qui pourrait changer la physionomie du match le plus important de sa décennie. Lamine Yamal, l’ailier prodige de 19 ans qui a terrorisé toutes les défenses depuis le début du tournoi, n’a pas pris part à la séance d’entraînement de jeudi. Les images diffusées par le quotidien espagnol Diario AS montrent le Barcelonais avec un bandage à la cuisse gauche, écartant tout effort collectif avec ses coéquipiers.
Une alerte qui tombe au pire moment
La Fédération royale espagnole de football s’est voulue rassurante, indiquant aux médias locaux ne pas être inquiète quant à la disponibilité de sa star pour la finale de dimanche soir à East Rutherford, ainsi que de celle de Pedro Porro, buteur décisif face à la France mardi. Mais dans ce type de situation, les communications officielles des fédérations et la réalité médicale ne se superposent pas toujours parfaitement. Et la prudence s’impose.
Luis de la Fuente bénéficie d’un avantage logistique non négligeable : l’Espagne dispose d’un jour de récupération supplémentaire par rapport à l’Argentine, qui a disputé sa demi-finale quelques heures après la Roja. Ce délai supplémentaire constitue la principale raison d’espoir pour que Yamal puisse aborder le rendez-vous dans des conditions physiques acceptables.
La cuisse gauche, déjà source d’inquiétudes
Ce n’est pas la première fois que la cuisse gauche de Lamine Yamal fait parler. C’est précisément cette zone qui avait mis fin prématurément à sa saison en Liga, le 22 avril dernier, lors de la victoire du Barça face au Celta Vigo. Une blessure qui l’avait tenu éloigné des terrains pendant près de deux mois, au point de semer le doute sur sa disponibilité pour le début du Mondial. À son retour, lors du premier match de groupe contre l’Arabie saoudite, le staff espagnol avait visiblement géré son temps de jeu avec une prudence particulière, conscient de la fragilité encore latente du joueur.
Depuis, Yamal a enchaîné les matchs avec une intensité croissante, s’imposant comme le joueur le plus décisif du tournoi côté espagnol. Face à la France, mardi soir, il a provoqué le penalty de l’ouverture du score dès la 20e minute, avant de multiplier les courses et les dribbles jusqu’à sa sortie dans les dernières minutes. C’est peut-être cet enchaînement de matchs à haute intensité qui a fini par faire parler la cuisse.
L’Espagne peut-elle gagner sans lui ?
La question aurait paru inconvenante au début du tournoi. Elle s’impose désormais d’elle-même. Mikel Merino avait répondu par anticipation lors d’une conférence de presse au cours du Mondial : « C’est un joueur exceptionnel. Son profil est différent de ceux qui peuvent le remplacer, et cela modifie la façon dont les adversaires jouent. Ce déséquilibre permet aux autres joueurs de disposer de plus de temps et d’espace dans d’autres zones du terrain. Avec son niveau, Lamine peut faire la différence dans n’importe quel match et à tout moment. »
La profondeur de l’effectif espagnol reste considérable. Nico Williams, son frère de couloir, a montré lors de chaque entrée en jeu qu’il était capable de peser sur un match. Dani Olmo peut évoluer sur le côté. Álex Baena a rendu des copies solides tout au long du tournoi. La Roja n’est pas dépourvue d’options. Mais Yamal représente quelque chose que ses remplaçants ne peuvent pas entièrement reproduire : cette faculté à créer de l’espace pour tous ses partenaires simplement en étant sur le terrain, en fixant des défenses entières par sa seule présence.
L’Argentine observe, mais ne commente pas
Du côté argentin, le staff de Lionel Scaloni suit l’évolution de la situation avec une attention particulière, sans s’y attarder publiquement. La préparation de la finale avance, portée par l’élan d’une équipe qui a renversé l’Angleterre dans les dernières secondes et qui croit plus que jamais en son destin.
Pour l’Espagne, les prochaines heures seront décisives. La Fédération a promis une communication officielle vendredi, après les examens complémentaires prévus dans la matinée. Si Yamal est déclaré apte, la Roja aura toutes ses cartes en main pour aller chercher un deuxième titre mondial. Si la finale devait se jouer sans lui, ce serait le scénario que personne dans le camp espagnol n’avait envisagé — et l’Argentine serait fondée à y voir une opportunité supplémentaire de soulever le trophée.




















