Il avait choisi d’attendre que la fièvre du Mondial redescende un peu. Deux semaines après l’élimination des Éléphants face à la Norvège en seizièmes de finale, Jean-Michael Seri a officialisé jeudi ce que beaucoup pressentaient depuis la fin du tournoi : à 34 ans, à trois jours de son 35e anniversaire, le milieu de terrain du NK Maribor tourne définitivement la page de sa carrière internationale.
C’est via son compte Instagram que le joueur natif de Grand-Béréby a choisi de faire sa déclaration, avec la sobriété et la foi qui le caractérisent : « Gloire à Dieu. Après 11 ans en équipe nationale, 5 CAN disputées dont une remportée, et une Coupe du monde jouée, j’annonce aujourd’hui la fin de ma carrière internationale. Représenter la Côte d’Ivoire a été un honneur et une responsabilité que j’ai toujours portée avec fierté. Je remercie mes coéquipiers, les staffs, la Fédération, et tous les Ivoiriens amoureux et connaisseurs du football, pour leur confiance et leur soutien. »
L’artisan de l’ombre, pilier d’une génération
La carrière internationale de Jean-Michael Seri ne se résume pas à des statistiques brutes — 66 sélections, quatre buts inscrits — mais à un rôle que les amateurs de football fin savent apprécier : celui du milieu discret, intelligent, capable de tenir un jeu, de récupérer un ballon perdu, de donner le tempo sans jamais voler la lumière aux autres. À Nice d’abord, puis à Fulham, en passant par Galatasaray et Bordeaux, Seri avait imposé son style posé et technique dans les ligues les plus compétitives du monde avant que les blessures et l’âge ne réduisent progressivement son rayonnement.
C’est justement quand le monde pensait à sa carrière internationale terminée que Jean-Louis Gasset l’avait sorti du placard pour la CAN 2023, organisée à domicile en Côte d’Ivoire. Discret lors de la phase de groupes, il avait progressivement pris de l’importance à mesure que la compétition avançait. Le 11 février 2024, sous les ordres d’Emerse Faé — propulsé sélectionneur en plein tournoi après le limogeage de Gasset — la Côte d’Ivoire remportait la CAN en battant le Nigeria en finale (2-1). Seri était là. Présent, utile, déterminant dans les coulisses d’un sacre historique.
Un Mondial en bout de course, mais dignement assumé
Le Mondial 2026 aura été son chant du cygne en sélection, dans un rôle de remplaçant expérimenté que le joueur avait accepté sans se plaindre. Il n’est entré en jeu qu’une seule fois lors du tournoi — les treize dernières minutes du match contre Curaçao, lors de la troisième journée de groupe — sans avoir la moindre occasion de peser sur l’issue d’une compétition qui s’est terminée trop tôt pour les Éléphants.
Mais Jean-Michael Seri n’aura jamais été de ceux qui comptent leurs minutes. Sa présence dans le groupe, son expérience transmise aux plus jeunes, son comportement irréprochable dans les moments de turbulence : autant de qualités que les statistiques ne mesurent pas et que les sélectionneurs apprécient en silence.
La FIF salue un serviteur exemplaire
La Fédération Ivoirienne de Football n’a pas tardé à réagir, exprimant sa gratitude à travers un communiqué chaleureux. Les dirigeants ont salué le parcours d’un joueur qui aura traversé cinq CAN — dont le sacre de 2023 — et honoré à soixante-six reprises le maillot orange avec constance et fierté, dans des contextes parfois difficiles, sans jamais faire défaut à l’appel de la sélection.
Et maintenant ?
Jean-Michael Seri ne raccroche pas les crampons. Sa carrière en club continue au NK Maribor, en Slovénie, où il entend terminer sa trajectoire professionnelle avec la même rigueur qui l’a guidé depuis ses débuts à l’ASEC Mimosas d’Abidjan. Il reste un joueur de football. Il n’est plus un Éléphant. Mais il le sera toujours, dans la mémoire de ceux qui l’ont vu porter ce maillot avec tant d’abnégation.
Il est le premier joueur du groupe du Mondial 2026 à officialiser sa retraite internationale. Il ne sera peut-être pas le dernier. Les prochaines semaines diront si Franck Kessié, capitaine des Éléphants et lui aussi en fin de cycle, choisit le même chemin ou décide de prolonger une aventure qui pourrait encore connaître un dernier chapitre.




















