En l’espace de quelques heures, Tottenham Hotspur a changé de dimension. Le club londonien a bouclé deux transferts majeurs en cette première semaine de juillet, s’offrant coup sur coup Mateus Fernandes en provenance de West Ham et Sandro Tonali depuis Newcastle. Montant total de l’opération : plus de 210 millions d’euros. Un été qui s’annonce historique pour les Spurs.
Fernandes : 98 millions pour battre Manchester United et le PSG
Le premier coup a été porté mardi. Tottenham a trouvé un accord avec West Ham, fraîchement relégué en Championship, pour recruter le milieu de terrain international portugais Mateus Fernandes, 21 ans, contre une somme garantie de 85 millions de livres sterling, soit environ 98 millions d’euros. Une opération qui pulvérise le précédent record de transfert du club, longtemps détenu par Dominic Solanke.
Le dossier avait pourtant failli tourner autrement. Manchester United avait activement bataillé pour s’attacher les services du joueur, avant de se retirer de la course, jugée trop coûteuse au regard de son modèle économique actuel. Le Paris Saint-Germain avait lui aussi suivi le dossier avec intérêt, sans parvenir à aligner le montant réclamé par des Hammers relégués mais déterminés à valoriser leur joyau.
C’est l’implication personnelle de Roberto De Zerbi qui a fait la différence. L’entraîneur de Tottenham a pris le téléphone pour convaincre Fernandes directement, lui exposant le rôle central qu’il entendait lui confier dans son dispositif. Recruté il y a un an par West Ham pour environ 40 millions de livres depuis Southampton, le Portugais avait inscrit trois buts et délivré quatre passes décisives en 36 matchs de Premier League malgré la relégation des siens. Il rejoint des Spurs déjà actifs sur ce mercato, devenant la cinquième recrue estivale du club.
Tonali : le coup de théâtre à 115 millions
À peine l’encre séchée sur le dossier Fernandes, Tottenham revenait à la charge pour un deuxième coup d’éclat. Selon les informations de The Athletic, confirmées par Fabrizio Romano et David Ornstein, un accord total a été conclu avec Newcastle United pour le transfert de Sandro Tonali, 26 ans, pour un montant fixe de 92,5 millions de livres, assorti de 7,5 millions de bonus liés aux futures qualifications européennes du club — soit une enveloppe globale pouvant atteindre 115 millions d’euros.
Le parcours de ce dossier a été semé d’embûches. Newcastle avait d’abord rejeté une première offre des Spurs estimée à 80 millions de livres en juin. Manchester City avait ensuite tenté un détournement de dernière minute, préparant une offre supérieure à 110 millions d’euros pour court-circuiter les négociations. Mais Tonali a choisi Tottenham, séduit par le projet sportif porté par De Zerbi — son compatriote, qui s’est là encore impliqué personnellement dans les discussions.
L’international italien, 32 sélections au compteur, aura désormais un contrat de six ans dans le nord de Londres, pour un salaire estimé à 12 millions d’euros annuels. L’AC Milan, son club formateur, récupérera 10 % sur la plus-value de cette revente conformément aux clauses signées lors de son départ pour Newcastle en 2023 — une manne non négligeable pour les Rossoneri.
Il convient toutefois de rappeler le contexte particulier du joueur : suspendu dix mois dès sa première saison à Newcastle pour infraction aux règles relatives aux paris sportifs, Tonali avait manqué l’intégralité de l’exercice 2023-2024 et l’Euro 2024. Depuis son retour en août dernier, il a rapidement retrouvé son meilleur niveau, enchaînant les performances solides avec 53 apparitions toutes compétitions confondues et s’imposant comme l’un des milieux les plus dominants de Premier League aux côtés de Bruno Guimarães.
Un milieu de rêve pour De Zerbi
Avec ces deux arrivées, Tottenham dispose désormais d’un entrejeu pléthorique : Tonali, Fernandes, Conor Gallagher, Rodrigo Bentancur, Pape Matar Sarr et Archie Gray forment un effectif à cinq milieux de terrain de premier plan, même si le Suédois Lucas Bergvall a fait savoir qu’il souhaitait quitter le club cet été.
L’entraîneur De Zerbi, arrivé à la tête des Spurs après une saison 2025-2026 terminée à la sixième place de Premier League, se retrouve ainsi doté d’outils considérables pour construire le projet qu’il a vendu à ses deux nouvelles recrues. Pour Tonali comme pour Fernandes, le choix de Tottenham traduit une même conviction : ce club a les moyens et la vision pour revenir durablement au sommet du football anglais et européen.
Il ne manquera désormais à ces Spurs nouvelle génération qu’un résultat probant pour confirmer que l’argent dépensé cet été a bien été investi, et non dilapidé.



































































