Atlanta a vibré au rythme d’un match à rebondissements mercredi soir. Les Lions de l’Atlas ont dû batailler jusqu’au bout pour venir à bout des Grenadiers haïtiens (4-2), dans un duel qui a tenu toutes ses promesses. Qualifiés, les Marocains terminent deuxièmes du groupe C derrière le Brésil. Haïti, lui, quitte la compétition la tête haute après avoir mené deux fois au score.
Un scénario chaotique, une première période de folie
Rien ne s’est déroulé comme prévu pour les hommes de Mohamed Ouahbi. Dès la dixième minute, Yassine Bounou détournait malencontreusement le ballon dans ses propres filets, offrant à Haïti l’ouverture du score la plus inattendue possible. Un but contre son camp qui a refroidi d’un coup l’ambiance dans le camp marocain.
Les Lions de l’Atlas ont ensuite progressivement pris le contrôle du jeu. À la 39e minute, Achraf Hakimi a surgi pour égaliser et relancer les siens. Mais le répit a été de courte durée : Wilson Isidor, d’une frappe limpide, a redonné l’avantage à Haïti à la 43e minute. Dans le temps additionnel de la première période, Ismaël Saibari a immédiatement répondu sur un service d’Hakimi pour rétablir la parité (45+1). Score à la pause : 2-2, dans un Atlanta Stadium électrique.
La maîtrise retrouvée en seconde période
La deuxième mi-temps a vu le Maroc prendre définitivement les commandes. Les entrées en jeu ont fait la différence. Soufiane Rahimi a offert l’avantage aux Lions de l’Atlas d’une frappe croisée puissante à la 78e minute. Puis, à la 89e, le jeune Yassine Gessime — 20 ans, cinquième sélection — a scellé le score en concluant au second poteau sur un service de Rahimi. Son premier but sous le maillot national, célébré par l’ensemble de ses coéquipiers.
Hakimi, capitaine et homme du match
Auteur d’un but et d’une passe décisive, Achraf Hakimi a logiquement été désigné homme du match. Le latéral du PSG a incarné une nouvelle fois le leadership de cette équipe, portant les siens dans les moments les plus difficiles. À l’issue de la rencontre, le capitaine a mesuré l’enjeu avec sobriété : « C’était un match piège et compliqué pour nous. On n’a pas bien commencé, mais on a utilisé notre état d’esprit pour renverser ce match. Ce n’était pas un groupe facile, on a tout donné. On est fiers de notre parcours, mais on va bien se préparer car le prochain match sera difficile. »
Son sélectionneur avait, de son côté, prévenu la veille qu’il n’allait pas se laisser distraire par l’enjeu de la première place : « C’est un match de Coupe du monde. Haïti sera motivé, nous voulons gagner et terminer premiers. » Il a également rendu hommage au niveau du tournoi dans sa globalité : « C’est la beauté de la Coupe du monde — tous ces styles de jeu différents auxquels on est confronté et auxquels il faut s’adapter. »
Haïti, une belle histoire qui s’arrête là
Les Grenadiers quittent ce Mondial sans victoire, mais avec les honneurs. Mener deux fois au score face au champion d’Afrique en titre n’est pas donné à tout le monde. Leur sélectionneur Sébastien Migné avait remobilisé son groupe après les deux premières défaites avec des mots forts : « Il a fallu remobiliser tout le monde, expliquer à tout le monde notre chance d’être ici, sur la plus grande scène. Notre qualification représente l’espoir pour la population haïtienne. Le véritable échec serait d’abandonner. » Ses joueurs ont tenu ce discours jusqu’au bout.
Le classement final et la suite
Le Maroc termine deuxième du groupe C avec sept points, à égalité avec le Brésil, mais avec une différence de buts inférieure. Les Lions de l’Atlas affronteront le premier du groupe F en seizièmes de finale, le lundi suivant à Monterrey. Ouahbi avait dit vouloir éviter ce déplacement, mais il assumait la situation : « Si nous devons aller à Monterrey, nous irons à Monterrey et nous assumerons. »
L’Écosse, troisième avec trois points, espère encore une qualification comme meilleur troisième. Ses chances restent toutefois très limitées.



































































