Il y a des défaites qui grandissent un peuple. Celle encaissée par la République Démocratique du Congo face à la Colombie (0-1), dans la nuit de mardi à mercredi à l’Estadio Akron de Guadalajara, en est peut-être une. Car pendant soixante-quinze minutes, les Léopards ont tenu. Et si les Cafeteros ont finalement plié l’affaire, c’est au prix d’un effort colossal, face à un gardien qui a refusé l’évidence jusqu’au bout.
Mpasi, une muraille nommée miracle
Le nom à retenir de cette soirée mexicaine n’est pas celui du buteur colombien. C’est Lionel Mpasi. Le portier du Havre, remplaçant en Ligue 1, titulaire indiscutable en sélection, a livré une performance de ceux que l’on raconte encore des années après. Dès la cinquième minute, il repoussait déjà une frappe à bout portant. Il enchaînait ensuite les interventions décisives face à James Rodríguez, Luis Díaz, puis Puerta, dans les vingt premières minutes d’un match qui ressemblait à un siège.
Au total, huit arrêts sur l’ensemble de la rencontre. Huit fois la Colombie a cru marquer. Huit fois Mpasi a dit non. Jusqu’à la 76e minute, et ce coup du sort venu briser sa résistance.
Un but chanceux, mais une victoire méritée
Daniel Muñoz, le latéral droit de Crystal Palace, a offert la qualification aux Cafeteros d’une frappe légèrement déviée par Steve Kapuadi. Une déviation qui a suffi à prendre Mpasi à contre-pied. La chance, certes, mais après une telle domination sur l’ensemble du match, la Colombie méritait de l’emporter.
L’entraîneur Néstor Lorenzo avait parfaitement préparé cette rencontre. Son équipe a alterné pressions hautes et phases de possession longues, usant méthodiquement la défense congolaise à cinq qui avait si bien fonctionné face au Portugal. Quand Quintero est entré en jeu en remplacement de Rodríguez, le tempo a changé, et c’est lui qui a servi la passe décisive sur le but libérateur.
Díaz a cru faire le break à deux reprises dans les dernières minutes, mais le hors-jeu puis une faute préalable ont annulé ses réalisations. Un point de détail : la Colombie aurait pu alourdir le score, mais un but suffisait amplement.
Les Léopards toujours en vie
Ce qui aurait pu ressembler à une sentence définitive ne l’est pas. La RD Congo reste en course pour la qualification, avec un dernier match de groupe contre l’Ouzbékistan — déjà éliminé — qui ressemble à une opportunité à saisir. Une victoire suffirait aux Léopards pour espérer passer la phase de poules pour la première fois de leur histoire en Coupe du monde.
Sébastien Desabre, le sélectionneur français, peut s’appuyer sur la fierté intacte de ses joueurs. Cette équipe a montré qu’elle savait défendre avec intensité et discipline, et que son gardien peut arrêter n’importe qui. Il faudra juste trouver, dans la dernière ligne droite, un peu plus de mordant offensif — la seule alerte sérieuse côté congolais étant venue de Mbuku dans les arrêts de jeu, repoussée par Vargas.
La Colombie regarde vers l’avenir
Qualifiée avec six points en deux matchs, la sélection colombienne aborde la dernière journée du groupe K avec une marge confortable. Elle affrontera le Portugal à Miami pour une véritable finale de groupe, la première place en jeu. Un match ambitieux, face à une Seleção revigorée par son succès 5-0 contre l’Ouzbékistan et par le retour en grâce de Ronaldo.
Pour l’heure, c’est un peuple entier qui se lève derrière ses Léopards. La RD Congo n’a pas encore dit son dernier mot dans ce Mondial.


































































