Los Angeles a vécu jeudi soir une démonstration de force signée Espagne. Au SoFi Stadium d’Inglewood, la Roja a écarté l’Autriche avec une maîtrise absolue (3-0) pour se qualifier pour les huitièmes de finale du Mondial 2026. Une victoire qui met fin à seize ans de disette en phase à élimination directe de Coupe du monde, depuis le sacre de 2010 en Afrique du Sud. Sous les yeux de la chanteuse Rosalía et de l’actrice Penélope Cruz, les champions d’Europe ont offert une partition rassurante après un premier tour jugé trop laborieux.
Une première période de pression, un but libérateur
Dès le coup d’envoi, l’Espagne a imposé son pressing et sa qualité de circulation de balle à une Autriche qui ne tardait pas à subir. Lamine Yamal a haussé le ton d’entrée avec plusieurs accélérations tranchantes, obligeant la défense de Ralf Rangnick à reculer continuellement. Mikel Oyarzabal, lui, a multiplié les tentatives sans trouver la faille dans un premier temps.
C’est Marc Cucurella qui a failli ouvrir le score à la 29e minute, mais son but a été logiquement annulé pour une faute sur le gardien autrichien Alexander Schlager. Un coup-franc d’Alex Baena, lui, a frappé la transversale dans les arrêts de jeu de la première période, signalant à la fois la domination espagnole et sa maladresse dans le dernier geste.
L’ouverture du score est finalement venue de la complicité entre Cucurella et Oyarzabal. Sur un centre du latéral gauche de Manchester City, l’attaquant de la Real Sociedad a conclu avec précision pour le 1-0 (36e), libérant une équipe qui en avait besoin.
La seconde mi-temps, le match bascule définitivement
Au retour des vestiaires, l’Autriche a tenté de se réorganiser, opérant plusieurs changements dont les entrées de Grillitsch, Chukwuemeka, Arnautovic et Kalajdzic. Des ajustements qui n’ont jamais perturbé la sérénité espagnole. À la 66e minute, sur un centre parfait d’Alex Baena, Pedro Porro s’est envolé dans la surface pour catapulter le ballon de la tête au fond des filets une réalisation inattendue venant d’un latéral droit, mais caractéristique des montées constantes des défenseurs dans le dispositif de Luis de La Fuente.
Lamine Yamal, lui, s’est vu refuser un troisième but à la 85e minute par un sauvetage miraculeux de David Alaba sur sa ligne. Il n’en fallait pas plus pour que le prodige barcelonais quitte le terrain avec la moue boudeuse du perfectionniste. C’est finalement Oyarzabal qui a signé le doublé à la 89e, sur un nouveau centre de Cucurella décidément omniprésent, convertissant à bout portant pour parachever la manière.
Oyarzabal et Cucurella, la paire de la soirée
Le bilan individuel de cette rencontre appartient clairement à ces deux hommes. Oyarzabal finit la rencontre avec deux buts et une influence permanente dans la zone de vérité. Cucurella, lui, a contribué à deux réalisations depuis le couloir gauche, confirmant son statut de latéral offensif de classe mondiale dans ce tournoi.
Luis de La Fuente a salué la performance collective de ses joueurs sans verser dans l’excès de satisfaction, conscient que les défis à venir seront d’une toute autre nature.
Une Roja toujours invaincue défensivement
Ce qui impressionne tout autant que l’efficacité offensive, c’est la solidité défensive. En cinq matchs dans ce Mondial trois en phase de groupes, plus les seizièmes, l’Espagne n’a toujours pas encaissé le moindre but. Unai Simon n’a eu aucun tir cadré à repousser jeudi soir, signe de la domination totale exercée sur une équipe autrichienne qui disputait pourtant son premier match à élimination directe de Coupe du monde depuis 1954.
Cette Roja n’avait plus remporté un match en phase à élimination directe depuis son sacre mondial il y a seize ans, éliminée en phase de groupes en 2014, puis deux fois aux tirs au but contre la Russie en 2018 et le Maroc en 2022. La victoire de jeudi soir met un terme à cette série noire avec autorité.
Les huitièmes de finale en ligne de mire
L’Espagne affrontera en huitièmes de finale, lundi à Dallas, le vainqueur du duel Portugal-Croatie qui se tenait plus tard dans la soirée. Cristiano Ronaldo ou Luka Modric : deux légendes au crépuscule, mais toujours capables de peser sur une rencontre. La Roja, elle, aborde ce rendez-vous avec une sérénité nouvelle, portée par la certitude qu’elle a retrouvé le bon registre au bon moment.


































































