Dallas a été le théâtre vendredi soir d’un moment que le football égyptien attendait depuis toujours. Au terme d’une rencontre étouffante, suffoquée par une chaleur de 36 degrés, l’Égypte a éliminé l’Australie (1-1, 4-2 aux tirs au but) pour rejoindre pour la toute première fois de son histoire les huitièmes de finale d’une Coupe du monde. Une page fondatrice, écrite sous le signe du sang-froid et de la maîtrise des émotions, dans un exercice qui brise autant les équipes qu’il les révèle.
Un début de match à sens unique
Les Pharaons avaient pris le meilleur départ possible. Portés par une première période de domination claire — 58 % de possession sur l’ensemble de la rencontre, 696 passes contre 518 pour les Socceroos — ils avaient rapidement ouvert le score pour mettre l’Australie sous pression. La rencontre semblait bien engagée pour les hommes de Ihab Galal, qui paraissaient avoir pris l’ascendant sur une sélection australienne plus directe mais moins technique.
Sauf que l’Australie a refusé de sombrer. Sur coup franc, les Socceroos ont ramené la parité, transformant ce qui ressemblait à un match contrôlé en un véritable duel d’usure qui allait durer jusqu’à la 120e minute.
Les occasions qui auraient tout réglé
Le temps réglementaire puis la prolongation ont offert leur lot de situations décisives, sans que l’une ni l’autre des équipes ne parvienne à les convertir. L’Australie s’est montrée plus entreprenant en nombre de tentatives — 15 tirs au total contre 14 pour l’Égypte — mais les Pharaons ont été plus précis, cadrant quatre frappes contre trois pour leurs adversaires.
Les moments les plus intenses se sont concentrés dans les dernières minutes du temps additionnel. Ramy Rabia a cru offrir la victoire à l’Égypte d’une tête à la 90e+4, mais le gardien australien Patrick Beach a réalisé l’un des arrêts les plus spectaculaires du tournoi, claquant le ballon de sa main droite au-dessus de sa barre transversale dans un réflexe qui a soulevé tout le stade. Une minute plus tard, Harry Souttar sauvait lui aussi les siens sur sa ligne face à Haissem Hassan, avant de rééditer l’exploit en prolongation sur ce même joueur à la 112e minute. Les deux équipes se résignaient alors à la loterie des tirs au but.
Salah, la panenka et l’histoire
L’Australie avait tenté un pari en remplaçant Beach par le vétéran Mat Ryan pour la séance de tirs au but, espitant que l’expérience du gardien ferait la différence dans cet exercice. La stratégie n’a pas fonctionné. L’Égypte n’a manqué aucune de ses tentatives. Mohamed Salah, lui, a choisi le moment le plus solennel pour placer une panenka — la frappe la plus audacieuse qui soit — plein axe, avec la sérénité d’un joueur qui sait exactement ce qu’il fait. Le capitaine des Pharaons s’est ensuite expliqué sur son choix avec une franchise désarmante : « Si quelqu’un devait la tenter, c’était moi ! J’ai plus d’expérience que les autres et je voulais leur donner de la confiance. »
Du côté australien, Harry Souttar héros défensif de la rencontre a ouvert la séance en ratant complètement sa tentative. Le jeune Lucas Herrington, 18 ans, a ensuite heurté la barre. Deux échecs rédhibitoires qui ont offert à l’Égypte la qualification avant même que la série ne soit terminée.
Une première historique, une consécration méritée
Ce résultat dépasse largement le cadre sportif pour le peuple égyptien. Jamais, en cinq participations à un Mondial, les Pharaons n’avaient remporté un seul match à élimination directe. Cette qualification pour les huitièmes de finale représente donc une rupture historique, une frontière franchie pour la première fois, dans un contexte où le football égyptien a longtemps vécu dans l’ombre de ses propres ambitions continentales sans jamais réussir à s’imposer sur la scène mondiale.
Mohamed Salah, 34 ans, n’a pas réalisé la rencontre de sa carrière. Mais comme l’observe la presse internationale, ce n’était pas le sujet de la soirée. Le capitaine a porté son équipe dans les moments décisifs, incarnant à lui seul la responsabilité et la sérénité que requiert ce type de rendez-vous.
L’Argentine ou le Cap-Vert en huitièmes
Pour les Pharaons, la suite s’annonce vertigineuse. Ils affronteront en huitièmes de finale le vainqueur du duel entre l’Argentine de Lionel Messi et le Cap-Vert, le 7 juillet prochain à Atlanta. Deux adversaires aux profils radicalement opposés : l’une des favorites absolues du tournoi d’un côté, une sélection africaine surprise de l’autre. Dans les deux cas, l’Égypte sera outsider. Mais une équipe qui vient d’écrire la plus belle page de son histoire en a appris suffisamment sur elle-même pour aborder ce choc sans complexe.















































![epa13083869 Emam Ashour of Egypt (2L) celebrates scoring the 1-0 with teammates during the FIFA World Cup 2026 Round of 32 match Australia against Egypt, in Dallas, USA, 03 July 2026. EPA/JEFFREY MCWHORTER (MaxPPP TagID: epalivenine188199.jpg) [Photo via MaxPPP]](https://kiffelesport.com/wp-content/uploads/2026/07/image.jpg)












![epa13083869 Emam Ashour of Egypt (2L) celebrates scoring the 1-0 with teammates during the FIFA World Cup 2026 Round of 32 match Australia against Egypt, in Dallas, USA, 03 July 2026. EPA/JEFFREY MCWHORTER (MaxPPP TagID: epalivenine188199.jpg) [Photo via MaxPPP]](https://kiffelesport.com/wp-content/uploads/2026/07/image-120x86.jpg)






