Vancouver a rendu son verdict vendredi soir. La Suisse a dominé l’Algérie de bout en bout pour s’imposer 2-0 au BC Place et décrocher sa qualification pour les huitièmes de finale du Mondial 2026. Une victoire nette, acquise grâce à des buts de Breel Embolo en début de première période et de Dan Ndoye au retour des vestiaires, qui envoie la Nati en huitièmes de finale pour la quatrième Coupe du monde consécutive. Pour les Fennecs, en revanche, l’aventure prend fin dès les seizièmes, confirmant une malédiction tenace : en cinq participations à une phase finale, l’Algérie n’a jamais remporté le moindre match à élimination directe.
Un onze offensif, une intention claire
Murat Yakin avait affiché ses couleurs dès la composition d’équipe. Pour ce premier rendez-vous à élimination directe, le sélectionneur suisse avait opté pour un dispositif résolument tourné vers l’attaque, alignant Johan Manzambi en soutien d’un trio Ndoye-Embolo-Vargas. Un signal clair envoyé à une équipe algérienne qui comptait sur sa solidité défensive pour contrarier les plans helvétiques.
Paradoxalement, ce sont les Fennecs qui ont allumé la première mèche. Dès la cinquième minute, Rafik Belghali adressait un centre que Mahrez laissait passer, et Houssem Aouar manquait sa reprise au deuxième poteau. Un premier frisson traversait la défense suisse, sans lendemain.
Embolo et Manzambi, la combinaison gagnante
La réponse n’a pas tardé. À la 10e minute, Manzambi débordait côté gauche avec la vivacité qui l’a rendu incontournable depuis le début du tournoi, éliminant deux défenseurs algériens avant de centrer en retrait vers Embolo. L’attaquant camerounais naturalisé suisse s’est imposé de son corps dans la surface pour conserver le ballon et ajuster Luca Zidane le fils du légendaire Zinédine, gardien titulaire des Fennecs d’une frappe propre (10e, 1-0). Denis Zakaria, aligné au poste inhabituel de latéral droit, s’est ensuite créé deux occasions supplémentaires sans parvenir à alourdir le score avant la pause.
L’Algérie, volontaire mais inoffensive, n’a posé aucune véritable question à Gregor Köbel. Un tir peu dangereux de Farès Chaibi, repoussé sereinement par le gardien suisse à la 43e minute, et une tentative non cadrée de Maza dans les arrêts de jeu de la première période : voilà le maigre bilan offensif des Fennecs sur quarante-cinq minutes.
Ndoye enfonce le clou dès la reprise
La messe a été dite à la 46e minute, soit quarante-six secondes après le coup d’envoi de la deuxième période. Sur un centre mal renvoyé par la défense algérienne, Dan Ndoye a pris le temps de contrôler, s’est placé et a ajusté une frappe du droit hors de portée de Zidane pour inscrire son premier but en Coupe du monde (46e, 2-0). Une réalisation née d’une action initiée par Zakaria, décidément omniprésent dans ce match malgré un positionnement décalé.
Quatre minutes plus tard, Riyad Mahrez entré en jeu pour tenter de relancer les siens croyait réduire le score sur une contre-attaque, mais Zakaria se retrouvait sur la trajectoire de la frappe pour l’intercepter à la 50e. Une intervention salutaire qui coupait net dans l’œuf le seul semblant de réveil algérien de la soirée. Le match était définitivement plié. Fabian Rieder aurait même pu aggraver l’addition à la 81e minute, se retrouvant seul face au but vide, avant de remettre le ballon dans les bras d’un Zidane soulagé.
Granit Xhaka, 150 sélections et un leadership intact
Dans l’ombre des buteurs, Granit Xhaka a vécu une soirée particulière. Le capitaine suisse disputait ce soir-là sa 150e sélection avec la Nati, un cap symbolique atteint dans l’une des rencontres les plus importantes de sa carrière internationale. Son rôle de métronome au milieu de terrain a contribué à la maîtrise helvétique tout au long de la rencontre.
Dan Ndoye, lui, s’est montré digne de sa soirée avec une déclaration aussi savoureuse que sincère après le coup de sifflet : « Bons croissants, bons pains au chocolat à vous les fans en Suisse, on espère vous faire rêver encore plus ! » Un message de joueur heureux, en confiance, qui mesure le chemin parcouru depuis le début du tournoi.
Mahrez tire sa révérence
La soirée a également été marquée par une annonce officielle de Riyad Mahrez, capitaine des Fennecs et figure tutélaire du football algérien depuis une décennie. L’ailier d’Al-Ahli a officialisé sa retraite internationale au terme de cette rencontre, mettant un terme à une carrière en sélection entamée en 2014 et jalonnée d’un titre de champion d’Afrique en 2019. Son dernier Mondial s’achève donc sans victoire à élimination directe, une frustration qui résume à elle seule les limites de cette génération algérienne, trop souvent séduisante en phase de groupes et incapable de franchir un palier supplémentaire.
Amar Mandi, défenseur central des Fennecs, a résumé le ressenti collectif avec une sobre lucidité : « Une énorme déception. »
La Suisse vers l’histoire
Pour la Nati, l’objectif est désormais clairement identifié : atteindre les quarts de finale pour la première fois depuis 1954, soit depuis soixante-douze ans. L’adversaire en huitièmes sera le vainqueur du duel entre la Colombie et le Ghana, mardi prochain, toujours à Vancouver. Si la Suisse affiche le même sérieux et la même efficacité que face à l’Algérie, cet objectif historique n’a rien d’inaccessible.


































































