San Francisco n’a pas eu droit à un grand spectacle jeudi soir. Dans une rencontre fermée, laborieuse et avare en occasions — 0,25 xG pour le Paraguay, 0,50 pour l’Australie —, les deux équipes se sont séparées sur un score nul et vierge (0-0). Un résultat calculé, ou presque, qui arrange tout le monde : l’Australie valide sa deuxième place du groupe D et se qualifie pour les seizièmes de finale, tandis que le Paraguay, troisième avec quatre points, intègre le tableau des meilleurs troisièmes et poursuit lui aussi l’aventure.
Ninety minutes de calcul, zéro prise de risque
Dès le coup d’envoi, le ton était donné. Les Paraguayens, qui avaient besoin d’une victoire pour s’assurer directement leur place, ont imposé un défi physique intense mais sans jamais parvenir à créer le danger nécessaire. Julio Enciso, pourtant attendu comme l’élément décisif de l’Albirroja, a manqué de précision tout au long de la rencontre, incapable de trouver la faille face à un Patrick Beach concentré et peu sollicité.
De leur côté, les Socceroos ont adopté une posture défensive assumée, reculant volontairement pour préserver leur avantage au classement. Leurs rares incursions offensives se sont appuyées sur la vitesse de Nestory Irankunda, l’ailier de Watford, en contre-attaque. La seule occasion un peu chaude de la première période est venue d’une frappe lointaine australienne bien détournée par le gardien paraguayen. Les deux gardiens ont passé l’essentiel de la soirée en simple observateurs.
La seconde période n’a guère changé le visage du match. Le Paraguay a bien tenté d’accélérer, conscient que le temps jouait contre lui. Mais aucune des deux formations n’a voulu vraiment se découvrir, chacune mesurant les risques d’une défaite qui aurait pu compromettre sa qualification. Le résultat final a ainsi la saveur d’un accord tacite plutôt que d’un véritable duel.
Un scénario qui arrange tout le monde
L’Australie termine deuxième du groupe D et affrontera en seizièmes de finale le deuxième du groupe G — l’Iran à ce stade du classement. Les Socceroos ont su gérer leur tournoi avec pragmatisme, assurant leur qualification sans jamais prendre le moindre risque inutile.
Le Paraguay, lui, attend. Troisième avec quatre points, l’Albirroja devra patienter jusqu’à l’issue de l’ensemble de la troisième journée pour savoir si elle figure parmi les huit meilleurs troisièmes repêchés pour la phase à élimination directe. Si le tableau se confirme, les Paraguayens devraient affronter l’Allemagne, première du groupe E. Un adversaire autrement plus relevé.
Dans l’autre match : la Turquie réveille Los Angeles
Pendant que San Francisco s’ennuyait, Los Angeles vivait une tout autre soirée. La Turquie, déjà éliminée avant le coup d’envoi après deux défaites lors de la phase de groupes, a livré sa meilleure performance du tournoi face aux États-Unis, s’imposant 3-2 dans un match de haute intensité.
Les Américains avaient pourtant bien lancé les débats avec une ouverture du score rapide d’Auston Trusty dès la troisième minute. Mais la Turquie a rapidement renversé la situation grâce à des buts d’Arda Güler et Baris Yilmaz. Après l’égalisation de Sebastian Berhalter au retour des vestiaires, Kaan Ayhan a finalement délivré les siens dans le temps additionnel (90e+8) pour offrir aux Turcs une victoire sans conséquence au classement, mais riche en symboles.
Les États-Unis conservent la première place du groupe D et poursuivent leur parcours en séizièmes de finale, où ils affronteront la Bosnie-Herzégovine. La Turquie, elle, repart avec le sentiment d’avoir montré son vrai visage trop tard, mais non sans une certaine fierté retrouvée.



































































