Kansas City a été le théâtre, jeudi soir, d’un épilogue sans appel pour la Tunisie. Les Aigles de Carthage ont encaissé une troisième défaite consécutive face aux Pays-Bas (3-1), concluant un Mondial catastrophique avec zéro point et dix buts encaissés. Les Oranje, eux, terminent en tête du groupe F et affronteront le Maroc en seizièmes de finale.
Sept minutes pour plier l’affaire
La rencontre s’est jouée dans ses premières minutes. Dès la troisième minute, le capitaine tunisien Ellyas Skhiri a dévissé malencontreusement son renvoi sur un centre tendu de Denzel Dumfries, logeant le ballon dans ses propres filets. Un but contre son camp qui a immédiatement mis les Aigles de Carthage dans la pire des postures.
La catastrophe s’est accélérée quatre minutes plus tard. Sur un coup franc excentré, Tijs Reijnders a centré au second poteau vers Virgil van Dijk, qui a remis de la tête. Brian Brobbey, bien placé, a conclu sans résistance pour le 2-0 (7e). Il s’agissait de la première passe décisive du défenseur de Liverpool en 95 sélections avec la Nationale — un détail anecdotique dans un contexte global aussi sombre pour la Tunisie.
Un sursaut d’orgueil éphémère
Confortablement installés dans leur avantage, les Néerlandais ont ensuite ronronné, gérant le ballon sans chercher à brusquer les événements. La Tunisie en a profité pour revenir un peu dans la rencontre. À la 54e minute, sur un corner de Hannibal Mejbri, Hazem Mastouri s’est retrouvé seul au second poteau pour placer une tête précise au fond des filets : 2-1.
La réduction du score aurait pu tout relancer. Elle n’a fait que réveiller des Oranje légèrement endormis. Huit minutes plus tard, sur un nouveau corner, Jan Paul van Hecke a dévié le ballon d’une tête au premier poteau, trompant Dahmen pour le 3-1 définitif (62e).
Le bilan accablant d’un tournoi raté
La réalité des chiffres est impitoyable pour la Tunisie : douze buts encaissés en trois matchs, zéro point, une différence de but de -10. Jamais les Aigles de Carthage n’avaient connu pareille humiliation dans une phase de groupes de Coupe du monde.
Le naufrage avait débuté dès l’entrée en lice avec une déroute face à la Suède (5-1), suivie d’un lourd 4-0 contre le Japon, qui avait entériné l’élimination avant même la dernière journée. L’arrivée en urgence d’Hervé Renard, rappelé au chevet de l’équipe après le limogeage de Sabri Lamouchi, n’a rien changé à la trajectoire de l’équipe. Le technicien français à la célèbre chemise blanche, pourtant rompu aux grandes compétitions africaines, n’avait ni le temps ni les ressources pour renverser une dynamique aussi négative.
Avant ce dernier match, Renard avait pourtant tenté de redonner de la dignité à ses troupes : « Le football exige de la fierté, même dans les moments difficiles, et il faut affronter ces situations avec dignité jusqu’au bout. J’espère que nous conserverons cette fierté et cette dignité jeudi, face à cette grande équipe des Pays-Bas. » Le but de Mastouri en seconde période a au moins offert un moment de fierté à une sélection en manque de repères.
Les Pays-Bas, solides et sereins
Du côté néerlandais, cette victoire confirme une phase de groupes accomplie avec sérieux. Brobbey termine la phase de poules avec trois buts à son actif, Dumfries a réalisé un tournoi complet sur le côté droit, et van Dijk a imposé sa présence défensive et aérienne tout au long de la compétition. Le sélectionneur Ronald Koeman dispose d’un groupe en forme et d’une organisation collective rodée pour aborder les seizièmes de finale.
Le duel contre le Maroc à Monterrey s’annonce alléchant. Face aux Lions de l’Atlas d’Hakimi, les Oranje retrouveront une équipe africaine bien plus solide que celle croisée jeudi soir. Un tout autre niveau d’exigence pour une affiche qui promet.
Dans l’autre match : Japon et Suède qualifiés
Simultanément à Kansas City, le Japon et la Suède ont partagé les points (1-1), ce qui suffit aux deux équipes pour valider leur qualification. Les Japonais défieront le Brésil en seizièmes de finale. La Suède, troisième avec quatre points, attendra de connaître son adversaire parmi les meilleurs troisièmes — probablement la France ou la Norvège, selon le résultat du choc entre les deux équipes prévu vendredi soir.



































































