L’élimination du Sénégal en seizièmes de finale du Mondial 2026 face à la Belgique (2-3 après prolongation) n’a pas seulement laissé des traces sportives. Elle a déclenché une onde de choc institutionnelle, portée par une déclaration fracassante du milieu de terrain Pape Gueye, publiée dans la nuit de mercredi à jeudi sur son compte Instagram.
Une story Instagram qui fait l’effet d’une bombe
Quelques heures à peine après le coup de sifflet final du Lumen Field de Seattle, Pape Gueye a annoncé publiquement sa mise en retrait de la sélection nationale. Le joueur de Villarreal a été direct, sans détour : « Je reviendrai pour vous dire quelques mots par rapport à l’élimination… Mais j’annonce aujourd’hui que tant que c’est ce staff technique, je ferai une pause sur la sélection. »
Une déclaration qui ne vise pas un individu nommément désigné, mais l’ensemble du dispositif technique autour du sélectionneur Pape Thiaw. Le message, publié dans l’émotion de la défaite, n’en est pas moins pesé : c’est une rupture conditionnelle, un ultimatum à peine voilé adressé à la Fédération sénégalaise de football.
Le tournant de la 66e minute
Pour comprendre la colère de Pape Gueye, il faut revenir au cœur du match contre la Belgique. À la 66e minute, alors que le Sénégal menait 2-0 grâce aux buts de Habib Diarra (24e) et Ismaïla Sarr (51e), Pape Thiaw a décidé de sortir son milieu relayeur pour faire entrer Lamine Camara. Un changement qui a immédiatement interpellé les observateurs, dans un contexte où l’équipe semblait maîtriser son avantage.
La suite a donné raison à ceux qui s’interrogeaient. Les Diables Rouges ont renversé la situation dans les dernières minutes du temps réglementaire, grâce à des buts de Romelu Lukaku et Youri Tielemans, forçant la prolongation. En prolongation, c’est précisément Lamine Camara — le remplaçant de Gueye — qui a provoqué le penalty de la victoire belge, converti par Tielemans pour le 3-2 fatal.
En zone mixte, juste après la rencontre, Pape Gueye avait encore contenu sa frustration derrière une réserve de façade : « Physiquement, j’étais bien au moment de sortir. Après, ce sont des décisions de coach. Il faut les respecter. » Quelques heures plus tard, la story Instagram révélait que cette retenue était de courte durée.
Pape Thiaw contredit par son propre joueur
La version du sélectionneur en conférence de presse d’après-match n’a fait qu’alimenter la tension. Pape Thiaw avait justifié ses changements en déclarant que certaines substitutions avaient été effectuées à la demande de joueurs fatigués. Une affirmation que Pape Gueye a publiquement contredite, en affirmant qu’il était en pleine possession de ses moyens physiques au moment où il a été remplacé.
Ce désaccord ouvert entre un joueur et son sélectionneur, exposé sur les réseaux sociaux dans les heures suivant l’élimination, marque une rupture de confiance difficile à dissimuler. Le milieu de terrain, 45 sélections au compteur, titulaire lors des trois matchs de ce Mondial, ne fait pas figure de remplaçant mécontent. Il était un cadre, un homme clé du dispositif sénégalais. Ce que sa décision dit de la relation entre le groupe et le staff est éloquent.
Une crise qui arrive au plus mauvais moment
Le timing de cette sortie publique ne pouvait pas être plus délicat pour la Fédération sénégalaise. La question du maintien ou du limogeage de Pape Thiaw va désormais se poser avec une acuité renforcée. Les Lions de la Téranga, champions d’Afrique en titre — même si ce titre reste entouré de controverses judiciaires liées à la décision de la CAF de le réattribuer au Maroc — disposaient des arguments pour aller bien au-delà des seizièmes de finale. Gâcher une avance de deux buts à quatre minutes de la fin du temps réglementaire face à une Belgique à portée de main reste une blessure difficile à cicatriser.
Que la Fédération décide de prolonger l’aventure avec Pape Thiaw ou d’en tirer les conséquences sportives, la sortie de Pape Gueye a déjà modifié les rapports de force. Dans le football, les crises de vestiaire finissent rarement par se régler dans le silence. Celle-là a commencé sur Instagram. La suite se jouera dans les couloirs de Dakar.


































































