La phase de groupes n’a pas encore rendu son verdict définitif que le Mondial 2026 tient déjà deux des affiches les plus séduisantes de cette édition. Maroc contre Pays-Bas à Monterrey, et Brésil contre Japon à Houston : deux confrontations qui, dans d’autres formats, auraient eu toute leur place en quarts, voire en demi-finales.
Maroc-Pays-Bas : un choc aux allures de finale anticipée
En terminant en tête du groupe F grâce à leur victoire sur la Tunisie (3-1), les Pays-Bas de Ronald Koeman se retrouvent face aux Lions de l’Atlas dès le premier tour à élimination directe. Un duel dont la saveur n’échappe à personne.
Les Oranje arrivent dans cette rencontre portés par une statistique vertigineuse : quinze matchs sans défaite en Coupe du monde, soit dix victoires et cinq nuls, un record absolu dans l’histoire de la compétition. Mieux encore, la sélection néerlandaise n’a jamais été éliminée avant le stade des huitièmes de finale lors de ses onze premières participations. Une série qui dit tout sur la culture de ce pays en matière de grands tournois.
En face, le Maroc n’est pas en reste. Depuis l’édition 2018, aucune nation n’a affronté autant d’adversaires issus du Vieux Continent que les Lions de l’Atlas — une donnée qui illustre à la fois la difficulté de leur parcours mondial et leur capacité à exister face aux meilleures nations européennes. Avec Hakimi en état de grâce et une organisation collective rodée par Mohamed Ouahbi, le Maroc n’aborde pas cette affiche en figurant.
Rendez-vous à Monterrey dans la nuit de lundi à mardi.
Brésil-Japon : les Samouraïs face à la Seleção en feu
L’autre choc qui s’annonce tout aussi électrique opposera le Brésil, leader incontesté du groupe C avec sept points et Vinicius Jr en état de grâce, à un Japon qui a réussi sa phase de groupes sans la moindre défaite : une victoire et deux nuls, une performance que les Samouraïs Bleus n’avaient réussi qu’une seule fois dans leur histoire, lors du Mondial 2002 — qu’ils avaient co-organisé avec la Corée du Sud.
La récompense des Japonais pour cet exploit collectif sera donc immense. Tenter de faire tomber une Seleção qui monte en puissance, portée par un Vinicius Jr déjà buteur lors de chacun de ses matchs dans ce tournoi, un Neymar retrouvé, et un groupe que Carlo Ancelotti a lui-même présenté sans ambiguïté : « Nous sommes là pour gagner. Nous sommes au même niveau que les grandes équipes. Nous avons de grands joueurs. »
Le choc aura lieu lundi à Houston, au Texas.
Le format à 48 équipes en question
Ces deux affiches, spectaculaires sur le papier, mettent néanmoins en lumière l’une des critiques les plus récurrentes adressées au nouveau format à 48 nations : en multipliant les groupes et les équipes, la FIFA crée mécaniquement des confrontations de haut niveau dès les seizièmes de finale, privant les phases ultérieures des matchs les plus attendus. Voir le Maroc et les Pays-Bas se rencontrer avant les quarts — voire même avant un hypothétique Brésil-Pays-Bas en finale — est exactement le type de configuration que les partisans de l’ancien format à 32 équipes redoutaient.
Pour les supporters, ce sont deux soirées exceptionnelles qui s’annoncent. Pour les observateurs du football, un signal de plus que l’expansion du tournoi ne se fait pas sans sacrifices.



































































